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L’Association en mouvementL’AEMO s’est développée sur plus d’une vingtaine d’années (1967 – 1990), selon une logique de proximité, auprès des populations concernées
Les valeurs d’origine de l’Association : préserver le lien familial dit « lien naturel », maintenir l’enfant et l’adolescent dans son contexte de vie sociale (écoles, collèges, quartiers), dit « vie naturelle », sont toujours d’actualité.
Pour être complet, nous devons rappeler, que l’Association tient à ce que perdure, la valeur de petites équipes au sein des établissements et services, seule garante de la dimension humaine du lien social, des personnes bénéficiaires avec l’organisation, et d’un réel exercice de la responsabilité associative vis-à-vis de ces personnes.
C’est en s’appuyant sur ces valeurs-là, que l’Association a pu engager, aujourd’hui, une réorganisation des AEMOS, en un seul service, formé de six équipes pluridisciplinaires et territorialisées. Aussi, elle a créé des postes de cadres hiérarchiques dans chaque unité territoriale, en capacité de prendre des initiatives et, une direction unique, dans une fonction de rassemblement et de cohésion.
Ce qui meut le changement est l’amélioration du service rendu aux personnes bénéficiaires. La vraie question est celle du contenu des mesures éducatives – ce que pose l’utile réforme de la protection de l’enfance. « L’articulation entre l’obligatoire responsabilité des parents et les missions de la protection de l’enfance est au centre des défis qu’il nous faut relever » .
La volonté associative sera centrée sur les ressources disponibles ou à trouver : ainsi, pouvoir envisager des constructions ad hoc pour chacun, enfant, adolescent et famille, en ayant comme objectif de trouver des compromis singuliers, à la fois garants, de la protection de l’enfant et du lien familial, dans le contexte des systèmes sociaux normés.
Notre éthique est de respecter les enfants et les familles, préserver leur intimité, croire en leurs potentialités et ne pas les disqualifier.
Deux autres services de milieu ouvert viennent compléter l’action de l’AEMO, entre 1980 et 1992
• Le service d’investigations et d’orientation éducative ainsi que le service d’enquêtes sociales, sont deux dispositifs, qui affirment notre volonté de proximité et de réactivité aux évaluations des besoins des personnes concernées ainsi que celles, en provenance des attentes des systèmes normatifs.
« La mesure d’investigation et d’orientation éducative a remplacé les anciennes dénominations « observation en milieu ouvert » et « consultation d’orientation éducative ».
C’est une mesure pluridisciplinaire où interviennent de façon systématique et complémentaire un éducateur et un psychologue. Si nécessaire, d’autres professionnels peuvent intervenir : psychiatre, orthophoniste, ethnopsychiatre, conseiller en orientation scolaire ou professionnelle, médiateur interculturel...
Même si l’IOE, comme toute mesure d’investigation du juge des enfants, concerne « la personnalité et les conditions de vie du mineur et de ses parents », elle est ordonnée pour approfondir la situation de tel ou tel enfant de la famille spécialement identifié en raison de ses difficultés spécifiques.
Chaque enfant désigné dans l’ordonnance fera l’objet d’un bilan individuel, même si la globalité de la situation familiale est prise en compte. Des examens complémentaires dans des domaines tels que la santé, la scolarité ou l’insertion professionnelle peuvent être réalisés. » Editions Législatives –
Action sociale.
• Le service des tutelles aux prestations sociales enfants est devenu, avec la loi de 2007, le service éducatif d’aide à la gestion.
La création de cette mesure redonne à la tutelle aux prestations familiales, sa vocation initiale d’outil de protection de l’enfance. Son inscription, parmi les mesures d’assistance éducative, permet de faire bénéficier les familles, des droits et garanties attachées à ces mesures, notamment, leur limitation dans le temps et leur renouvellement par décision du juge des enfants.
La volonté des administrateurs de l’Association et des directions successives de ce service a toujours été de faire reconnaître cette mesure comme une mesure, à part entière, du dispositif de protection de l’enfance. Comment, dès lors, l’intégrer dans la dynamique du schéma départemental de l’enfance du Val d’Oise ?
Le dispositif hébergement
Le premier dispositif d’hébergement s’est développé dans la continuité de l’AEMO, lorsque l’impératif de protection de l’enfant l’emporte sur les valeurs d’origine : le maintien de l’enfant dans son milieu social et familial.
« Si le milieu familial n’offre pas les garanties minimales de sécurité ou si enfant et parents vivent une relation gravement conflictuelle, le placement de l’enfant pourra s’avérer nécessaire. Cette mesure ne doit constituer qu’une étape dans l’histoire familiale et tout doit être mis en oeuvre pour que les parents retrouvent rapidement et dans des conditions satisfaisantes la plénitude de leurs responsabilités éducatives. Le juge doit veiller dans sa décision à motiver particulièrement ce qui justifie que le mineur ne peut pas rester dans son milieu familial et donc en quoi cette mesure est particulièrement justifiée eu égard à la situation du mineur. » Editions Législatives – Action sociale.
Entre 1971 – 1981, quatre structures seront créées : un service de placement familial spécialisé devenu, en 2008, service d’accueil familial pour répondre aux paradoxes de la protection et du maintien du lien parental. Puis, très vite en complément, un foyer d’accueil et d’orientation répondra aux besoins
d’hébergements séparés, en urgence, pour assurer une observation, en vue d’une évaluation et préparation d’un placement familial spécialisé ou d’autres orientations plus adéquates.
Suivront deux foyers d’adolescents et un habitat diversifié pour grands adolescents et jeunes majeurs.
L’Association promeut un double projet rattaché au dispositif d’hébergement : raisonner en termes de dispositif et se rapprocher des services psychiatriques des hôpitaux de Pontoise et d’Eaubonne.
La prévention spécialisée et ses outils connexes
L’Office Social Municipal de Pontoise, observant les problèmes de sa jeunesse, demande à la Sauvegarde d’étudier la possibilité de créer un service de prévention spécialisée, en 1972. L’année où sera voté un nouveau cadre législatif et réglementaire, reconnaissant le développement de cette forme
d’action.
Un an après, se crée la première équipe à Pontoise Marcouville, laquelle sera suivie de sept autres équipes sur la communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise, entre 1974 et 2002.
Ainsi, sous l’impulsion de son directeur, militant institutionnel engagé, l’action de prévention de l’Association sur les territoires a connu un essor considérable, avec, parallèlement, entre 1980 et 2005, les développements de sept actions insertionnelles, toujours en faveur des jeunes, qui éprouvent des difficultés personnelles, relationnelles et économiques.
Une AUTO-ECOLE, véritable outil de formation à la « bonne » conduite, dans tous les sens du terme, qui sera classée, en 2005, 15ème sur 150 dans le département ; ROUL’VERS, action de transport solidaire ; TILT-SERVICES : agence d’intérim social ; BATIVERT : entreprise d’insertion, spécialisée dans le bâtiment et les espaces verts.
La MAISON RUSSE, demeure située aux bords de l’Oise, à Eragny, regroupera quatre actions : CESAME, espace original de formation dédié aux jeunes de 16 à 25 ans ; des CHANTIERS éducatifs, offrant des milliers d’heures annuelles de travail rémunéré aux jeunes des quartiers ; INCITE, centre de
formation aux technologies de l’information et de la communication, mais aussi, entreprise d’informatisation et de mise en réseau des entreprises du secteur social ou autre ; enfin, LIEU d’EDUCATION POPULAIRE où s’organisent des débats publics.
Ces actions sont de véritables tremplins d’inscription sociale par l’expérience, notamment, de la culture, des arts, du sport ou du travail.
L’originalité du service de prévention spécialisée est d’articuler le travail de rue, la présence sociale, l’accompagnement éducatif avec un dispositif d’insertion, visant à entreprendre avec la jeunesse, donner à faire pour exister, donner à voir et percevoir autrement son propre sort, tenter par les
actions de modifier son rapport à l’échec, à l’image négative de soi, sortir de son cercle, de sa bande, de son escalier, connaître les autres, autrement, en faisant avec eux.
Nous avons là une expérience et un véritable patrimoine culturel à préserver et à faire évoluer.
A côté de ce social coexiste un "social précarisé"
En 2005, l’Association a dû fermer le service de MEDIATION PENALE et, restructurer le CENTRE de MEDIATION et de RENCONTRES FAMILIALES et l’action ACCUEIL CONSEIL ECOUTE PARENTS ENFANTS, pour que ces actions puissent trouver leur équilibre économique. Mais, rien n’est acquis, faute d’un financement plus stable.
Le CENTRE de MEDIATION et de RENCONTRES FAMILIALES a retrouvé, sous l’impulsion du nouveau responsable et d’une équipe motivée, une dynamique professionnelle soucieuse de coopération, de réactivité et de proximité. Son ambition est, aussi, d’engager ses forces dans une démarche de prévention et de protection de l’enfance et ce, dans le cadre des nouvelles dispositions de la loi du 5 mars 2007.
L’ACEPE, créée au sein de la SAUVEGARDE du VAL d’OISE, il y a dix-sept ans, est une action d’accueil, de conseil, d’écoute, parents et enfants, dans huit communes. Les élus mettent des locaux à la disposition des psychologues.
Leur action s’intègre sans problème dans une dynamique communale. Elles mènent des entretiens, dans le respect de l’anonymat et de la gratuité, et développent des liens sociaux entre les différentes institutions locales. L’enseignement, que nous pouvons tirer de cette action concourant au développement local, est que ces professionnelles ont su faire reconnaître nos valeurs et la particularité de notre action, auprès de tous les acteurs.
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 L’association en mouvement
 Protection de l’enfance et de l’adolescence
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